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2e Guerre Mondiale n°86 (Mars & Clio, 2019)

2e Guerre Mondiale 086Voilà encore de quoi nourrir notre soif de réflexion… Particulièrement fidèle à la ligne éditoriale du magazine, ce numéro de 2e Guerre Mondiale évoque l’immensité et le potentiel du champ d’étude que constitue la Seconde Guerre mondiale quatre-vingts ans après son déclenchement en Europe.

En effet, comme le rappelle fort bien Benoît RONDEAU, les sources sont particulièrement variées et restent parfois encore inexplorées – ou mal explorées ? Les archives sont non seulement pléthoriques (documents, photos, témoignages, vestiges…) mais bien réelles. Le tout numérique n’existe pas à cette époque, mais la numérisation permet désormais une meilleure diffusion. Malgré d’indéniables progrès et grâce aux efforts éditoriaux anglo-saxons, les sources soviétiques se sont progressivement ouvertes et diffusées. Mais il doit en rester bien d’autres encore. Idem pour les belligérants « mineurs » en comparaison des block-busters allemands et américains : les archives polonaises, hongroises, roumaines, italiennes, finlandaises (etc.) restent bien peu connues et explorées. La barrière de la langue n’aide pas. Que dire également des archives françaises publiques et privées ? Bref, il y a encore de quoi faire… Et l’histoire de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale est à elle seule passionnante.

L’article sur la Sturm-Abteilung (SA), bien illustré, mérite le détour. Au-delà du récit chronologique de son existence, la SA est l’un des symboles du III. Reich, des débuts du nazisme à sa chute : violences, encadrement paramilitaire, paradoxes idéologiques. Son parcours témoigne également de la transformation du nazisme qui prospère initialement sur l’esprit de revanche allemand, la solidarité face à la crise économique et la lutte contre le bolchevisme menaçant l’équilibre de l’Allemagne déjà affaiblie par sa défaite de 1918 avant de sombrer dans l’antisémitisme absolu. Son penchant social devient incompatible avec la tournure raciale du régime et l’alliance avec la bourgeoisie industrielle et économique. La SA doit brutalement s’effacer devant la SS. La violence qui fut sa force devient sa perte. Désormais dans l’ombre, maintenue vivante par HITLER, la SA demeure jusqu’au bout un élément de stabilité du régime à l’intérieur de son territoire.

Plus classique, le dossier sur la renaissance de l’Armée Rouge en 1943 permet de tordre le cou à quelques légendes toujours bien vivaces. Ce ne sont pas les avantages liés à l’immensité de son territoire, même s’ils ont été bien utiles, qui assurent la victoire contre le III. Reich. Sa capacité à forger un modèle et à le faire évoluer en fonction de ses propres contraintes est un bon exemple d’adaptation et d’évolution en réaction. Alors que sa principale faiblesse initiale est la coordination et le contrôle de ses unités (cf. les ouvrages de David GLANTZ sur Smolensk, l’Armée Rouge met en place un système qui lui permet progressivement de reprendre l’ascendant tout en étant compatible avec sa nature. Un bel exemple de pragmatisme… qui a quand même un prix exorbitant. C’est donc une Armée Rouge bien à rebours des caricatures véhiculées par les vaincus allemands qui transparaît.

Numéro de fin d’année oblige, et soixante-quinzième anniversaire encore plus, la bataille des Ardennes est également au menu au travers de l’étude des deux unités parachutistes allemandes engagées dans les combats au sol. Les deux sont elles aussi une bonne synthèse de la situation de la Wehrmacht fin 1944. Reconstituées après avoir été laminées en Normandie (cf. Le sacrifice des Fallschirmjäger tome 1) en puisant dans les dernières réserves d’une armée à l’agonie, les 3. Fallschirmjäger-Division et 5. Fallschirmjäger-Division sont aussi bien dotées en armement et bénéficient de plusieurs unités d’appui. En termes de puissance de feu, elles sont bien plus puissantes que les unités d’infanterie engagées en 1940. Mais il ne suffit pas de rassembler des hommes et de les armer puissamment pour en faire des unités d’élite. Rien ne remplace l’entrainement, la cohésion et la symbiose des composantes. Sur le plan des combats, le descriptif du parcours, bien différent, des deux unités est bien intéressant car il sort un peu des sujets habituellement traités.

Bien vu aussi le tableau fourni en fin de magazine sur le nombre d’unités allemandes engagées par l’armée britannique sur les différents fronts…

A noter également, un nouvelle fois, une rubrique recension richement dotée et de qualité.

Sommaire :

Boutique :

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