2e Guerre Mondiale n°81 (Mars & Clio, 2019)

Beaucoup de fantasmes et quelques pépites ! C’est ce qui pourrait caractériser ce numéro de 2e Guerre Mondiale.

Le dossier principal est consacré aux armes miracles du III. Reich mises en avant par la propagande pour faire espérer un hypothétique renversement de tendance à la fin de conflit. Premier constat, ces armes nouvelles ne concernent pas uniquement les V1 et les V2 ou les avions à réaction. La marine bénéficie également des avancées technologiques et les premiers missiles font leur apparition. Certes, trop peu, trop tard… Mais l’armée allemande de la fin de la Seconde Guerre mondiale possède clairement une avance sur ses adversaires, parfois gaspillée au profit de quelques projets délirants alors que la rationalisation et la concentration des moyens étaient particulièrement indispensables face aux géants industriels et économiques qu’étaient les Etats-Unis et l’URSS. Les armes de l’après-guerre sont clairement l’héritage technologique du III. Reich, ce qui permet à de nombreux scientifiques de se recycler auprès de l’un ou l’autre des vainqueurs malgré leur engagement passé. Sans oublier que la bombe nucléaire n’est pas maîtrisée, et de loin. La synthèse est encore une fois bonne et ne se perd pas dans les détails techniques.

Gros coup de cœur pour l’article de Benoît RONDEAU sur la relation entre batailles décisives et leaders providentiels.  La conclusion peut faire débat, mais la gouvernance et le poids des chefs ont des conséquences positives ou négatives en fonction. Sujet toujours d’actualité en politique ou en entreprise… Et comme le souligne fort à propos l’auteur, il n’y a pas de vérité absolue. Sachant qu’il est aussi nécessaire de distinguer celui qui met en place les bonnes équipes, celui qui construit la bonne stratégie, celui qui sait la faire adopter et celui qui l’applique… Tous concourent d’une façon ou d’une autre à la victoire ou à la défaite.

La (trop) courte biographie de Gaston BILLOTTE illustre bien le poids du leadership dans les succès ou les échecs. Faisant partie des généraux français maudits de 1940, sa propre préparation à la guerre (physique et mentale) laisse à désirer. Rien à voir avec ses adversaires d’en face, affûtés et prêts à s’élancer en tête de leurs unités parfois presque jusqu’au point de rupture physique. Si certains chefs ont une influence positive décisive, d’autres ont clairement un poids négatif. Il n’y a pas un bon leader absolu, mais des chefs avec des qualités qui correspondent ou non à la situation. L’épuisement moral n’est pas non plus l’apanage des soldats. Là aussi, vaste sujet de management tout autant de commandement militaire.

A côté de l’article sur le Panzerjäger Ferdinand qui rend bien compte du potentiel de l’engin (gaspillé au combat à Koursk et à Anzio par la façon dont il a été engagé), deux articles permettent de sortir des sentiers battus avec les combats pour Riga à l’automne 1944 et les sous-marins américains dans le Pacifique. Oui, il en reste encore des terrains à explorer, même de façon généraliste, sur ce conflit. Pas forcément indispensable, mais toujours utile pour faire comprendre que la guerre n’est pas un jeu vidéo sur une console ou un ordinateur, mais une histoire d’hommes (et de plus en plus de femmes), l’ordre de bataille de la schwere Panzerjäger-Abteilung 654 au déclenchement de l’offensive sur Koursk comprend le nom du chef de chacun des engins engagés. A noter aussi la liste des as américains de l’arme sous-marine… Il n’y a pas que les Allemands à faire des scores au fond des océans.

Quelques beaux profils couleurs sont aussi proposés, signés par le talentueux Thierry VALLET.

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www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

1 réflexion sur « 2e Guerre Mondiale n°81 (Mars & Clio, 2019) »

  1. […] La biographie de Chester NIMITZ est également à découvrir dans ce numéro. Grand vainqueur de la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique. Illustration d’un leader qui apporte une vraie clairvoyance stratégique et qui sait coordonner un vaste ensemble d’unités pour apporter la victoire et vaincre la flotte japonaise (voir LOS ! hors-série n°19), laissant le Pacifique sous domination américaine. De quoi alimenter le débat sur le rôle et l’apport des leaders (cf. 2e Guerre Mondiale n°81). […]

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