39/45 Magazine hors-série Historica n°94 (Heimdal, 2018)

L’opération Wacht am Rhein, ou Herbstnebel, n’est pas une action isolée. Elle s’inscrit dans un plan d’ensemble destiné à renverser la situation sur l’Ouest en cette fin d’année 1944 où le III. Reich est assailli à ses frontières. Malgré les bombardements aériens alliés, malgré les pertes énormes concédées depuis le début du conflit qui prennent une ampleur désespérée au fur et à mesure des mois, la Wehrmacht n’a pas dit son dernier mot. L’industrie allemande affiche des niveaux de production records qui permettent de reconstituer une partie des unités.

Comme en 1940, l’attaque principale des Ardennes est appuyée par des opérations secondaires destinées à la soutenir et à accélérer le retournement si la première avait été réussie. Outre les commandos et la dernière opération aéroportée allemande de la guerre, il y a l’offensive en Alsace (opération Nordwind), mais surtout l’opération Bodenplatte. Peu étudiée, elle mérite pourtant d’être analysée de près. Là aussi l’ambition est énorme et les moyens réunis impressionnants à ce moment du conflit. Il s’agit pour la Luftwaffe de réduire au silence l’aviation alliée sur le Nord de l’Europe par une attaque brusque de ses bases.Initialement prévue d’être déclenchée au début de la contre-offensive des Ardennes, elle ne se produit que le 1er janvier 1945 alors que les combats au sol sont clairement un échec et que l’aviation alliée s’est déjà manifestée.

Mais comme au sol, réunir assez d’armes ne suffit pas sans sans suffisamment de troupes aguerries et sans un minimum de préparation.

Les pertes concédées sont bien trop grandes par rapport aux résultats obtenus. Les quelques succès ne cachent pas l’échec. Plus jamais, la Luftwaffe ne sera en mesure de monter une telle opération…

Ce numéro est donc passionnante et fort bien conçu. Appareils engagés, unités impliquées, cibles traitées, pertes, déroulement des opérations : tout y est globalement même si le texte est parfois un peu confus et rend un peu difficile le suivi du déroulement des opérations. Le tout est accompagné d’une fort belle iconographie, photos et profils couleurs.

Sommaire :

  • Bodenplatte ou l’offensive qui n’aurait jamais dû avoir lieu…
  • Et la Luftwaffe dans cette affaire ?
  • Les Arado ouvrent le bal
  • Les Jagdgeschwader à l’assaut, une expérience très contrastée
  • Le JG6 attaque
  • Le JG3 sur Eindhoven
  • Le JG1 Oesau fond sur Maldegem
  • Le JG2 et le SG4 à l’assaut
  • Evere
  • Sur l’aérodrome de Metz
  • KG51, des Jets dans la tourmente
  • La surprise est toujours un succès, mais…
  • Bibliographie

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3 réflexions sur « 39/45 Magazine hors-série Historica n°94 (Heimdal, 2018) »

  1. […] Dix-sept jours après le début de l’offensive allemande dans les Ardennes, les objectifs stratégiques ne sont pas atteints et rien n’indiquent qu’ils puissent désormais l’être, bien au contraire. L’objectif limité de s’emparer symboliquement de Bastogne semble lui aussi bien compromis. La situation pour le III. Reich en ce début d’année 1945 parait donc sans issue. Pourtant, il n’est pas question de cesser le combat et la Wehrmacht entreprend le 1er janvier 1945 encore deux opérations majeures à l’Ouest. La première est le déclenchement juste avant le changement d’année de l’opération Nordwind en Alsace. Là encore, il s’agit d’un tour-de-force opérationnel en termes de préparation et de concentration. Mais là aussi, les premiers combats sont difficiles et n’apportent que quelques succès tactiques sans lendemain. La seconde opération est d’ordre aérienne. Avec l’opération Bodenplatte, la Luftwaffe tente d’écraser au sol la puissance aérienne alliée. Mais ici aussi, le manque d’expérience des pilotes, l’usure des états-majors, les contraintes de préparation transforment l’attaque aérienne en désastre (voir  39/45 Magazine hors-série Historica n°94). […]

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