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39/45 Magazine n°347 (Heimdal, 2018)

Les amateurs de la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement du conflit en Europe avec en son centre l’Allemagne, seront particulièrement comblés par ce numéro de 39/45 Magazine proposé par les Editions Heimdal qui n’oublie pas non plus le Pacifique et les Harley-Davidson des soldats américains. Bref, un sommaire riche et un contenu de grande qualité…

Il est coutume de considérer que les Alliés ont été totalement pris par surprise par l’offensive allemande dans les Ardennes le 16 décembre 1944 et que leurs services de renseignements avaient failli dans leur mission. Pourtant, grâce aux interceptions réalisées par ULTRA, ils sont capables de lire à livre ouvert dans les communications des forces armées du III. Reich. A croire que le secret aurait été particulièrement bien tenu et que les Allemands n’auraient aucunement transmis d’ordres ou de consignes via leur système de transmission codé ENIGMA que les Alliés décryptent. Or, il n’en est rien, comme le prouve l’excellent article de Hugues WENKIN concernant l’échec du renseignement allié qui rétablit quelques vérités. Tout d’abord, si les Allemands ont tout particulièrement soigné le secret de leurs préparatifs, ils ont bien utilisé leurs habituels systèmes de transmissions. Mais des raisons techniques expliquent que tous les messages n’ont pas été captés. La somme des interceptions est également telle qu’il est difficile de trier entre l’important et le bruit de fond – un problème qui existe toujours dans le domaine des interceptions électroniques qui font l’objet de tris automatiques avant d’être examinés par des cerveaux humains. Ensuite, les interprétations des élément captés sont défaillantes. Par ailleurs, toutes les sources habituelles de renseignement sont aveugles, même les plus rudimentaires (interrogatoires des prisonniers, reconnaissances aériennes). En cette fin d’année 1944, l’échec allié de voir clair dans le jeu adverse et l’exploit allemand de reconstituer une force de manœuvre en toute confidentialité sont les deux faces d’un même acte qui se conclura par un réveil douloureux au petit matin du 16 décembre.

Les héros ne sont pas infaillibles. C’est ainsi qu’aurait pu s’intituler l’étude de Matthieu LONGUE sur Balthasar WOLL, le pointeur de l’as allemand des chars Mickael WITTMANN, devenu lui-même chef de char. Le résumé de son parcours au début de la guerre est intéressant et permet de comprendre comment la Waffen-SS a développé son propre creuset de spécialistes des chars [cf. également l’étude de Stephan CAZENAVE sur les régiments blindés de la Waffen-SS dans Batailles & Blindés hors-série n°31 (Caraktère, 2016) et Batailles & Blindés hors-série n°35 (Caraktère, 2018)]. Pointeur hors pair, Balthasar WOLL ne parvient pas à se couler sereinement dans la peau d’un chef de char au point d’en devenir fantomatique. S’il fait un binôme harmonieux et efficace avec Michael WITTMANN, il sombre au point de ne pas être engagé au combat en Normandie. L’article revient également sur le transfert au front de la schwere SS-Panzer-Abteilung 101 en insistant notamment sur les contraintes techniques, les pannes qui éparpillent les engins tout au long de la route qui font que l’unités ne se présente pas avec l’ensemble de ses Panzer VI Ausf. E Tiger. Ce que montre également l’article, c’est comment la hiérarchie protège Balthasar WOLL en lui offrant finalement un poste d’instructeur où il peut partager son expertise tout en se préservant personnellement. Tout aussi intéressante est la proximité que le lie avec Mickael WITTMANN qui le protège et le ménage quand bien même il ne tient plus son rang.

Dans la rubrique inaugurée au numéro 346 sur les titulaires de la Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes (Chevalier de la Croix de Fer), il est ici question du parcours de Martin WANDERSLEB, officier de la 31. Infanterie-Division, qui gagne cette décoration à Koursk lors de l’opération Zitadelle. Plusieurs documents d’époque illustrent l’article qui permet de montrer que cette bataille ne se limita pas seulement à une bataille où les seuls chars furent de la partie. Il meurt au combat le 28 août 1943 lors de la bataille de Sevsk, ce qui permet d’évoquer des combats bien peu connu du Front de l’Est.

La présentation de quelques objets de la vente réalisé par Hermann Historica met en valeur de très beaux témoignages issus de cette période en parfait état de conservation. Parmi ceux-ci se trouvent des photos d’un album d’un vétéran du Freikorps Epp, une série de guides et brochures relatifs aux congrès du parti national-socialiste (NSDAP) à Nuremberg, des reproductions de médailles (Blutorden pour les vétérans du putsch de Munich du 9 novembre 1923), d’insignes (Gemeinsame Flugzeugführer- und Beobachterabzeichen in Gold mit Brillanten, U-Boot Frontspange im Silber, Allgemeine Sturmabzeichen 2. Stufe mit Einsatzzahl 25), une Feldbluse de Gerd von RUNDSTEDT, le Sommeruniform de Konrad-Oskar HEINRICHS, un uniforme d’un Major im Generalstab de la Luftwaffe, une Feldbluse M44 d’un soldat de la Waffen-SS, l’épée d’officier SS de Martin TAPPE ainsi que des documents ayant trait à son expérience militaire et qui termine la guerre comme chef du II./SS-Polizei-Panzer-Grenadier-Regiment 8 de la 4. SS-Polizei-Panzergrenadier-Division. Des matériels sont aussi présents comme un périscope de char Turm-Sehrohr T.S.R. 1 für Panzer, d’un poste radio pour char également Funkgerätsesatz FuG 5 SE 10 U. Quelques pièces d’uniformes japonais sont également présentées ainsi qu’un superbe glaive offert par la ville de Gêne à Benito MUSSOLINI et reproduit sur deux pleines pages, dans et sorti de son étui, permettant ainsi d’en admirer les détails.

Dans la continuité des précédents numéros, celui-ci retrace l’historique de l’U-20, l’un des premiers sous-marins allemands construits au cours de l’Entre-Deux-Guerres. C’est donc l’occasion de découvrir les préparatifs côté Kriegsmarine de l’entrée en guerre le 1er septembre 1939 et les premières croisières de combat fin 1939. Plusieurs navires appartenant à des pays neutres sont coulés, soulignant la difficulté d’identifier correctement les cibles et surtout le danger que représentent les sous-marins pour tous les bâtiments de surface civils naviguant des eaux soumises aux lois de la guerre. En 1943, le sous-marin est transféré par voie terrestre en Mer Noire. L’article permet ainsi de découvrir une facette des opérations maritimes engagées par les Allemands dans la guerre à l’Est. Mais les combats sur terre tournent largement en défaveur de l’Allemagne à l’été 1944 qui perd progressivement le contrôle des installations portuaires en Mer Noire au point de devoir saborder ses sous-marins faute de pouvoir les faire basculer en Méditerranée ou les rapatrier par voie terrestre. Les jours de gloire sont déjà loin…

En complément de l’article concernant la bataille des Ardennes et l’échec du renseignement allié (cf. plus haut), l’armée américaine est bien présente dans ce numéro. Un article  revient sur les opérations dans le Pacifique avec le récit de la première bataille aéronavale de l’Histoire qui se déroule dans la Mer de Corail début mai 1942, soit moins de six mois après Pearl Harbor. Les photos de l’évacuation du porte-avions USS Lexington en train de sombrer sont saisissantes. Le porte-avions USS Yorktown est aussi gravement touché tandis que les Japonais perdent le Shōhō, premier de leurs porte-avions à sombrer au combat de ce conflit. Un autre article présente la 42WLA de Harley-Davidson en dotation notamment au sein de l’US Military Police et la WLC en dotation au sein de l’armée canadienne. Est évoquée également la XA qui est rapidement arrêtée.

La rubrique Bibliothèque comporte deux pages sur Jean de LATTRE de TASSIGNY à l’occasion de la parution de sa biographie signée par Ivan CADEAU.

Sommaire :

  • Hubert GROULT, La bataille de la mer de Corail, 4-8 mai 1942, in 39/45 Magazine n°347 (Heimdal, 2018)
  • Hugues WENKIN, ULTRA échec et mat ! La faillite du renseignement allié à la veille de la bataille des Ardennes, in 39/45 Magazine n°347 (Heimdal, 2018)
  • Jean-Louis MAURETTE, La guerre en pirogue ou l’odyssée de l’U-20, in 39/45 Magazine n°347 (Heimdal, 2018)
  • Hugues WENKIN, Les Harley-Davidson au service des GI’s, in 39/45 Magazine n°347 (Heimdal, 2018)
  • Matthieu LONGUE, Balthasar Bobby Woll, in 39/45 Magazine n°347 (Heimdal, 2018)
  • Georges BERNAGE, Ritterkreuz pour Martin WANDERSLEB lors de Zitadelle, in 39/45 Magazine n°347 (Heimdal, 2018)
  • Georges BERNAGE, L’Histoire, une valeur refuge ?, in 39/45 Magazine n°347 (Heimdal, 2018)
  • Bibliothèque 39/45

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