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Ardennes 1944/1945

La bataille des Ardennes au cours de l’hiver 1944/1945 est un affrontement de la Seconde Guerre mondiale qui oppose Allemands aux Américains et Anglais.

Contexte :

Afin de renverser la situation stratégique à l’Ouest fin 1944 après la réussite du Débarquement allié en Normandie et la perte de la majeure partie des gains territoriaux de mai et juin 1940, les Allemands conçoivent dans le plus secret une contre-offensive (opération « Wacht am Rhein« ). Le plan est de percer les lignes américaines relativement faiblement défendues dans les Ardennes belges à partir de la frontière allemande, de franchir la Meuse et d’atteindre ensuite la Mer du Nord et le port d’Anvers afin de couper en deux les Alliés.

Les 5. Panzer-Armee et 6. SS-Panzer-Armee sont chargées de la percée tandis que la 7. Armee doit assurer la protection du flanc Sud de la contre-offensive.

Les vallées encaissées du massif des Ardennes doivent être franchies en moins de trois jours pour franchir la Meuse avant que les Alliés n’aient le temps d’envoyer des renforts. Les plaines qui s’étendent au-delà de la Meuse doivent permettre aux chars lourds allemands de pouvoir déployer tout leur potentiel offensif sur un terrain favorable aux engagements à longue portée.

Compte tenu du rapport stratégique totalement en leur défaveur, les Allemands ne peuvent compter que sur la conjonction d’un certain nombre d’éléments favorables :

  • Des conditions météorologiques qui empêchent l’aviation alliée de dominer le champs de bataille
  • Un maintien très strict du secret pour profiter à plein de l’effet de surprise dans les toutes premières heures de l’offensive pour surprendre les lignes américaines
  • Un taux de perte réduit au cours de la percée pour préserver le potentiel offensif pour la seconde phase de l’opération puisque les réserves sont particulièrement limitées
  • Des conditions d’engagement qui préservent le carburant et les munitions

Unités engagées :

  • Allemagne : 7. Armee, 5. Panzer-Armee, 6.SS-Panzer-Armee
  • Etats-Unis : 1st US Army, 3rd US Army, XXXth Corps

Chronologie :

  • 6 juin 1944 : les Alliés débarquent en Normandie et réussissent à construire une solide tête de pont – ils ne sont pas rejetés à la mer malgré les tentatives allemandes dans les jours qui suivent immédiatement le Jour-J
  • 25 juillet 1944 : déclenchement de l’opération “Cobra”, les Américains percent les lignes allemandes en Normandie et peuvent se ruer vers la Bretagne et la Loire
  • 15 août 1944 : les Alliés débarquent en Provence et établissent une seconde porte d’entrée sur le territoire français
  • 21 août 1944 : les unités allemandes en Normandie se retrouvent prises au piège dans la poche de Falaise-Trun-Chambois qui est définitivement fermée mais nombre d’entre elles ont pu préalablement s’en échapper en abandonnant leur matériel
  • 25 août 1944 : libération de Paris
  • 6 septembre 1944 : les Américains arrivent devant Metz mais sont stoppés par la résistance allemande
  • 17 septembre 1944 : lancement de l’opération “Market-Garden” qui doit permettre aux Alliés de s’ouvrir un accès direct sur le Reich en passant le Rhin à Arnhem
  • 21 septembre 1944 : fin de la résistance britannique à Arnhem, les Allemands tiennent le Rhin
  • 25 septembre 1944 : Adolf HITLER charge Alfred JODL de bâtir dans le plus grand secret une contre-offensive à l’Ouest pour l’automne
  • 9 octobre 1944 : les grands principes de la contre-offensive allemande sont arrêtés
  • 21 octobre 1944 : l’opération est définitivement validée par Adolf HITLER, les dernières unités de la garnison allemande d’Aix-la-Chapelle se rendent
  • 22 octobre 1944 : les plans sont présentés aux commandants-en-chef à l’Ouest (Grd von RUNDSTEDT et Walter MODEL)
  • 13 décembre 1944 : le dernier fort de Metz encore tenu par les Allemands se rend aux Américains
  • 16 décembre 1944 : lancement de la contre-offensive allemande des Ardennes (opération “Wacht am Rhein” ou “Herbstnebel”), les débuts sont laborieux et les Américains décident d’envoyer la 7th US Armored Division et la 10th US Armored Division dans les Ardennes
  • 17 décembre 1944 : échec du largage des parachutistes allemands derrière la crête d’Elsenborn (opération “Stößer”), percée du “Kampfgruppe Peiper” qui massacre au passage 72 prisonniers américains au carrefour de Baugnez, Clervaux est prise par les Allemands, les Américains décident d’envoyer de toute urgence la 82nd US Airborne Division “All Americans” et la 101st US Airborne Division “Screaming Eagles” dans les Ardennes
  • 18 décembre 1944 : la 12. SS-Panzer-Division “Hitlerjugend” est tenue en échec devant Rocherath-Krinkelt, 130 civils belges sont massacrés par les Allemands à Stavelot, destruction du 14th US Cavalry Group à Poteau, la 130. Panzer-Lehr-Division s’égare dans les bois et n’atteint pas Bastogne alors vide de toute résistance américaine, Walter MODEL et Gerd von RUNDSTEDT expriment leurs doutes sur les chances de succès de la contre-offensive compte-tenu des retards et des pertes accumulés depuis le 16 décembre
  • 19 décembre 1944 : la 3. Panzer-Grenadier-Division monte en ligne pour relever la 12. SS-Panzer-Division “Hitlerjugend incapable de s’emparer de Rocherath-Krinkelt tenu par la 2nd US Infantry Division “Indian Head, les Américains reprennent le contrôle de Stavelot coupant ainsi le “Kampfgruppe Peiper” de ses arrières, nouveaux massacres de civils, une partie des unités de la 106th US Infantry Division capitule devant Saint-Vith, Houffalize tombe aux mains de la 116. Panzer-Division, des éléments de la 10th Armored Division qui viennent juste d’arriver bloquent la 2. Panzer-Division à Noville, la 2. Panzer-Division reçoit l’ordre de poursuivre la Meuse plutôt que de s’emparer de Bastogne encore peu défendue, la 130. Panzer-Lehr-Division rate encore une fois l’occasion de s’emparer de Bastogne, son Kommandeur, Fritz BAYERLEIN, étant plus occupé à séduire une infirmière américaine capturée qu’à conduire son unité, réunion de crise à l’état-major alliée de Dwight EISENHOWER
  • 20 décembre 1944 : la 12. SS-Panzer-Division “Hitlerjugend est stoppée au lieu-dit « Domaine Bütgenbach », le “Kampfgruppe Peiper” est isolé dans un triangle formé par les localités de La Gleize, Stoumont et Cheneux,  Saint-Vith est presqu’encerclée par les Allemands
  • 21 décembre 1944 : la 12. SS-Panzer-Division “Hitlerjugend jette ses dernières forces pour tenter de forcer la crête d’Elsenborn au niveau de Bütgenbach mais encore une fois sans succès, le “Kampfgruppe Peiper” se regroupe autour de La Gleize, les Américains quitent Saint-Vith dans la nuit, la Roche-en-Ardenne est évacuée par les Américains
  • 22 décembre 1944 : la 12. SS-Panzer-Division “Hitlerjugend est retirée du front pour être redéployée sur Bastogne où justement Anthony McAULIFFE adresse une fin de non recevoir à la proposition de reddition formulée par les Allemands en adressant la fameuse réponse “Nuts !” (à traduire par “des clous !”), premier échange de tirs entre la 4th US Armored Division de la 3rd US Army et la 130. Panzer-Lehr-Division
  • 23 décembre 1944 : le ciel se dégage au-dessus du champ de bataille, le “Kampfgruppe Peiper” obtient l’ordre de percer pour tenter de rejoindre les lignes allemandes alors que la 9. SS-Panzer-Division “Hohenstaufen” se fraye un chemin jusqu’à Vielsam, la 116. Panzer-Division est bloquée devant Hotton, la 2. Panzer-Division contourne Marche-en-Famenne défendue par la 84th US Infantry Division et parvient à 6 kilomètres de la Meuse avant de tomber en panne d’essence, la 130. Panzer-Lehr-Division entre dans Rochefort dans laquelle se déroulent de violents combats, les Britanniques du XXXth Corps se déploient en couverture le long de la Meuse, Bastogne est abondamment ravitaillée par la voie des airs
  • 24 décembre 1944 : alors que l’encerclement de Bastogne est enfin total, la 3rd US Army débute son assaut sur Chaumont que les Allemands reprennent, plusieurs unités allemandes arrivent en renfort autour de Bastogne, les hommes valides du “Kampfgruppe Peiper” quittent La Gleize dans la nuit en abandonnant blessés et matériels, Manhay est conquis de haute lutte par les Allemands, les Panzer les plus avancés progressent vers Dinant sur la Meuse mais sont détruits par les Britanniques postés sur la rive opposée, Rochefort est entièrement aux mains des Allemands, crimes de guerre allemands contre des civils à Bande
  • 25 décembre 1944 : les rescapés du “Kampfgruppe Peiper” atteignent les lignes allemandes, la 1. SS-Panzer-Division “Leibstandarte SS Adolf Hitler” se retire également des premières lignes pour se diriger sur Bastogne, la 2nd US Armored Division “Hell on Wheels” attaque et détruit pratiquement à Celles la 2. Panzer-Division, l’unité allemande la plus avancée, les Américains repoussent une offensive générale allemande sur Bastogne, les lignes de défense de la 7. Armee sont assaillies par la 3rd US Army
  • 26 décembre 1944 : La 5. Panzer-Armee est autorisée à se mettre en défensive, la 4th US Armored Division perce les lignes allemandes et dégage Bastogne de l’encerclement

Dénouement, répercussions et conséquences :

Dès le début des opérations, les pertes allemandes sont lourdes et les retards s’accumulent. La 6. SS-Panzer-Armee est incapable de percer la crête d’Elsenborn du fait de la résistance américaine. Le “Kampfgruppe Peiper” est rapidement isolé et doit abandonner tout son matériel.

Sur le front de la 5. Panzer-Armee, l’avance est plus conséquente, mais des erreurs comme celle de ne pas s’emparer de Bastogne quand la ville n’est pas encore défendue et le retard accumulé autour de Saint-Vith hypothèquent toute avance suffisamment rapide vers la Meuse pour pouvoir la franchir avant l’arrivée des renforts alliés. Les avant-gardes de la 2. Panzer-Division sont ainsi détruites quand elles arrivent sur Dinant notamment par des canons et des chars britanniques positionnées de l’autre côté de la Meuse.

Même si les Américains subissent de très lourdes pertes en hommes et en matériels, leur réaction est particulièrement rapide et efficace avant l’apparition du beau temps et le retour de la domination aérienne alliée.

Dès lors, les troupes allemandes sont irrémédiablement repoussées en janvier sur leurs bases de départ et laissent sur le terrain de nombreuses pertes qu’ils seront désormais incapables de compenser.

Jeux d’Histoire :

Avalon Hill Battle of the Bulge Vae Victis 0048 GMT Ardennes 44 Avalon Hill Bitter Woods The Battle of the Bulge.jpg SPI Battles for the Ardennes.jpg SPI Wacht am Rhein.jpg TSR Battles for the Ardennes Wargamer 026 Race to the Meuse

Bibliographie :

Boutique :

Heimdal 1994 PALLUD Jean-Paul Ardennes 1944 Histoire et Collections 2015 GUILLEMOT Philippe La bataille des Ardennes Tome 1 Histoire et Collections 2016 GUILLEMOT Philippe La bataille des Ardennes Tome 2

Crédits photos :

Les visuels présentés appartiennent à leurs éditeurs respectifs. Le logo type de schéma tactique est utilisé dans les premiers numéros de 39/45 Magazine pour codifier les articles relatifs à des batailles.


www.3945km.com – Des origines aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, un siècle d’histoire militaire planétaire !

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