Arnhem 1944, un pont trop loin ? (Economica, 2016)

Ce court livre (70 pages seulement de texte) vise à être une synthèse de l’opération Market-Garden dont l’échec anglais à Arnhem est le symbole. Si après sa lecture, le lecteur reste quelque peu sur sa faim, cet ouvrage à plusieurs mérites.

Tout d’abord, il essaye de mettre en parallèle les actions alliées et la réaction allemande en mettent bien en avant l’extrême confusion qui règne sur le champs de bataille pour les uns et pour les autres.

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Ensuite, il revisite les raisons de l’échec allié. Si Arnhem peut paraître trop loin, l’objectif est néanmoins logique au regard des ambitions de l’opération qui sont de franchir le Rhin et de s’ouvrir la voie vers la Ruhr. Si Arnhem n’est pas visé, alors l’opération Market-Garden n’avait aucun sens. A la différence du Débarquement en Normandie, les Alliés sont relativement aveugles et ne savent pas apprécier réellement la situation, tant géographique qui militaire. Encore une fois, ce qui a marché à un moment donné ne marche plus forcément ensuite. C’est le cas des interceptions des communications allemandes avec le système ULTRA. En Normandie, il a permis le succès allié, l’auteur mettant particulièrement en avant son rôle dans les choix américains lors de la contre-offensive de Mortain en août 1944 (avec un parallèle audacieux, mais loin d’être faux, entre la résistance de la 30th US Infantry Division et le rôle de Bastogne en décembre 1944). La confusion est telle dans les rangs allemands que la conduite des opérations s’effectuent au seul niveau tactique et que les grands états-majors émettent alors peu d’informations interceptables et utiles.

L’échec de Market-Garden n’est donc pas l’objectif trop ambitieux, mais une mauvaise conception opérationnelle qui s’appuie sur des renseignements soit pas assez fiables soit insuffisants. Alors qu’en Normandie les zones de saut sont choisies avec soin et en rapport avec les objectifs, celles sélectionnées pour l’ensemble des opérations aéroportées de cette tentative de percée vers le cœur industriel du Reich sont souvent peu adaptées. Le tempo retenu est trop exposé aux moindres aléas.

La plus grosse erreur reste néanmoins le volet terrestre de l’opération qui ne repose que sur un seul axe. Là aussi, ce choix expose toute l’opération à trop d’aléas et ne permet assez de liberté dans l’exécution pour saisir toute opportunité ou de contourner un obstacle.

Bref, le plan conçu ne permet aucune marge de manœuvre et une fois enclenchée, peu d’adaptations sont possibles, contrairement aux Allemands qui ont plusieurs options à disposition.

Le déroulement des combats est succinctement, mais clairement, exposé. Ce n’est probablement pas le livre de référence sur le sujet, mais il invite à revisiter cette opération qui est un exemple type de la conduite des combats dans un brouillard total pour les deux belligérants et qui rappelle que le succès (ou l’échec) des armes se gagne bien en amont des opérations proprement dites.

Sommaire :

  • Préface
  • Introduction
  • La situation générale (Front de l’Ouest, automne 1944)
  • Les forces en présence
  • Le plan « Market-Garden »
  • Déroulement des opérations
  • Analyse des opérations
  • Le renseignement, un bouc émissaire ?
  • Les laisions
  • La logistique
  • Quels enseignements ?
  • Market-Garden au cinéma
  • Market-Garden en simulation
  • Arnhem, lieu de mémoire
  • Conclusion
  • Bibliographie sélective
  • Chronologie
  • Annexes

1 réflexion sur « Arnhem 1944, un pont trop loin ? (Economica, 2016) »

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