2010-2020, dix ans de 3945km.com !

Si la première expérience sur internet date de 2007, le blog existe depuis 2010. En 2017, c’est uniquement autour de lui que le concept se développe et devient tel qu’il est en 2020. Les archives du site contiennent ainsi des dizaines de recensions. Cet anniversaire est l’occasion de passer en revue l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale en quelques livres et magazines marquants.

A lire aussi : Historiographie de la Seconde Guerre mondiale : tour d’horizon en 2020


Ouest 1940 (3)

A une époque où la lecture de gros livres non illustrés était monnaie courante et offrait une alternative plus que crédible à un programme télévisuel restreint et à des écrans d’ordinateurs encore inexistants ou confidentiels, la suite des ouvrages de Roger BRUGE sur les combats des Français en juin 1940 dénote dans le paysage littéraire.

Celui-ci est alors bien occupé par les mémoires de quelques personnes aux responsabilités durant la Seconde Guerre mondiale, qu’elles soient politiques ou militaires et des livres assez généraux sur quelques batailles clefs du conflit.

Roger BRUGE s’attaque à une vaste fresque, celle des combats de juin 1940 et plus particulièrement ceux ceux de la ligne Maginot et dans l’Est de la France.

Une série d’ouvrages toute aussi indispensable que celle d’Henri AMOUROUX ou celle d’Eddy FLORENTIN sur la fin de la bataille de Normandie en 1944. Des livres incontournables.

Ouest 1940 (2)

En 2010, dans le numéro 9 du magazine Tank Zone, Nicolas AUBIN entame une formidable saga sur la motorisation de l’armée britannique durant l’Entre-Deux-Guerres. En 1940, la British Expeditionary Force (BEF) est totalement motorisé et se projette plus facilement que les 1ère et 7ème Armées françaises lors de l’exécution de la manœuvre Dyle-Breda. Tout ce matériel est perdu à Dunkerque. Une saga au long cours à retrouver dans Tank Zone puis dans Tank & Military Vehicles, deux revues incontournables pour tous les amateurs de mécanisation militaire.

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23/05/2020

Ouest 1940 (1)

Au sortir de la guerre, mémoires et témoignages envahissent les librairies. Mais les historiques au jour le jour se font bien plus rares quelle que soit la bataille traitée. Heureusement, il existe quelques exceptions (cf. L’Histoire de la Libération de Robert ARON ci-après ou Le Débarquement de Georges BLOND). Mais des ouvrages avec des entrées quotidiennes, point.

Très longtemps, Les soixante jours qui ébranlèrent l’Occident de Jacques BENOIST-MECHIN restent ainsi l’unique approche globale des événements du 9 mai au 10 juillet 1940 du point de vue des vaincus. Après une partie introductive qui pose le contexte, l’auteur narre jour après jour les aspects militaires, diplomatiques et politiques vus du côté allié et surtout français.

Il y a bien sûr certaines idées reçues ou certaines affirmations que l’historiographie plus moderne module, corrige. Pourtant, la construction de l’ouvrage est précurseur avec cette approche quotidienne et aux multiples angles de vue. Relier Mers-el-Kébir (le 10 juillet 1940) à la défaite est plus que pertinent puisque l’ensemble creuse la profonde division entre les différentes sensibilités françaises, cicatrice qui quatre-vingt ans plus tard continue de produire ses effets. Enfin, Mers-el-Kébir est en effet l’ultime soubresaut militaire de l’offensive qui s’ouvre le 10 mai 1940 avec le déclenchement de l’opération Fall Gelb. Et concrétise le renversement d’alliance de la France. Charles de GAULLE ouvre de son côté une autre alternative avec l’ambition de représenter la France qui continue de se battre.

Paru en 1956 pour sa première édition, il faut attendre soixante ans plus tard pour bénéficier à nouveau d’une étude, richement illustrée cette fois-ci, de la bataille de France avec l’exceptionnel Mémorial de Jean-Yves MARY ! Avec un espace temps beaucoup plus consensuel… Mais le livre de Jacques BENOIST-MECHIN se lit avec un plaisir toujours renouvelé et toujours inégalé dans un format livre et non album

10/05/2020


La défaite allemande (1)

L’historiographie de la Seconde Guerre mondiale s’intéresse majoritairement à quelques moments clefs. En fonction des nationalités, les centres d’intérêt varient. La traversée des Ardennes et Sedan en 1940, la bataille d’Angleterre, les grandes batailles d’encerclement de l’opération Barbarossa, Stalingrad, l’épopée de l’Afrika-Korps, le Débarquement et la bataille de Normandie, la contre-offensive des Ardennes  et Bastogne, Berlin font partie des sujets qui bénéficient d’une couverture bibliographique plus qu’abondante.

Malheureusement, des périodes et des secteurs complets restent dans l’ombre. Vue d’Europe, la guerre dans le Pacifique et l’Asie demeure quasi absente.

Étonnamment, ce ne fut pas toujours le cas. En témoigne par exemple la mémorable collection « J’ai Lu leur aventure » parue dans les années 1960 et au contenu assez éclectique. Aux côtés des best-sellers de Paul CARELL, d’Adolf GALLAND, Hans-Ulrich RUDEL, René MOUCHOTTE, les lecteurs ont accès à des ouvrages bien moins populaires. La débâcle allemande en fait partie. Bien avant le livre de Jean LOPEZ sur Berlin et les offensives géantes de l’Armée rouge ou encore La chute de Berlin d’Anthony BEEVOR, ce livre livre le récit haletant de l’effondrement militaire allemand à l’Est qui débute avec le déclenchement de l’offensive le 12 janvier 1945 à partir de la tête de pont de Sandomierz.

Malgré ses défauts (point de vue uniquement allemand et concentré sur les seuls combats contre l’Armée rouge), ce livre montre toute l’ampleur du drame qui se joue, à la fois pour les civils et les unités combattantes). La Seconde Guerre mondiale ne se termine pas à Berlin un certain 30 avril 1945. Elle continue à Prague et en Courlande. Les combats, leurs cohortes de morts et de drames ne cessent en effet que le 8 mai 1945. Encore que la suite n’est pas réjouissante pour tout le monde…

08/05/2020


Aux origines (1)

Peu enclin à la lecture et plus que moyennement emballé par les récits de la Bibliothèque verte ou de Oui Oui, un déclic s’est produit au cours des grandes vacances de 1984 avant d’entrer au collège. En faisant les courses de fournitures scolaires dans un hypermarché en région parisienne, je suis tombé sur ce livre. 1984 célèbre le quarantième anniversaire du Débarquement. Des festivités grandioses qui marquent à tout jamais un garçon de dix ans.

Ce livre, clair, structuré, limpide, réussit à décrire les opérations militaires et les combats politiques qui secouent la Libération de la France. Ecrit pourtant en 1959, c’est un modèle d’équilibre. Tout est y est : la complexité, les imbroglio, les bassesses, les vengeances, les actes d’héroïsme…

De quoi aiguiser la curiosité et faire aimer cette période de l’Histoire de France qui continue d’influer sur notre époque.

Un livre à redécouvrir car il n’a pas pris une seule ride.

05/05/2020