11 mai 1940 (Ouest)

Nul doute possible, des Pays-Bas au Luxembourg, l’Ouest de l’Europe s’embrase. Chaque camp applique son plan conçu durant la Drôle de Guerre. Conforme aux attentes des uns et des autres, la première journée du déclenchement de l’opération Fall Gelb laisse cependant déjà entrevoir quelques tendances à l’avantage des Allemands. Mais les Alliés n’ont pas encore perdu la guerre et pour la Wehrmacht, tout reste à faire.

Course en Hollande

En situation critique, les parachutistes allemands près de La Haye abandonnent leurs positions pour tenter de rallier leurs camarades à Rotterdam. Les Hollandais peuvent donc concentrer leurs efforts sur Dordrecht, de Moerdijk et Rotterdam, mais les Allemands parviennent à amener des renforts par la voie des airs. La situation reste néanmoins très critique.

Cependant, les Allemands progressent désormais très vite. La route de Nimègue à Eindhoven est coupée. La 9. Panzer-Division franchit la Meuse dans la nuit à Gennep et progresse désormais en avant avec la 256. Infanterie-Division qui atteint Veghel. Ces deux unités ont déjà parcouru plus d’un tiers de la distance qui sépare la frontière allemande à Moerdijk.

Pendant ce temps, la 68ème Division d’Infanterie continue de prendre position à Walcheren. Les premières escarmouches se produisent entre les avant-gardes de la 1ère Division Légère Mécanique (DLM) et de la 9. Panzer-Division. Mais la passivité française qui s’en tient à sa mission de couverture ne freine pas l’avance allemande.

Le reste des unités de la 7ème Armée continue de progresser pour s’installer progressivement sur l’Escaut et à Breda.

Effondrement sur le Canal Albert

Bénéficiant des têtes de pont établies au-delà du canal Albert la veille, les Allemands se déploient. La 3. Panzer-Division franchit à son tour l’obstacle pour renforcer la 4. Panzer-Division qui établit le contact avec les premiers éléments de la 3ème Division Légère Mécanique (DLM) du Corps de Cavalerie.

Les derniers défenseurs belges d’Eben-Emael se rendent.

Les aviateurs belges et français tentent de détruire les ponts pris intacts par les Allemands. Sans succès.

Côté britannique, la British Expeditionary Force (BEF) occupe déjà les positions prévues.

La 1ère Armée tente d’accélérer son installation en raison de la situation sur le canal Albert.

Course à la Meuse

Au débouché des Ardennes, Français et Allemands n’ont d’yeux que pour la Meuse. La 1ère Armée essaye d’accélérer le pas, mais n’y arrive pas.

Bilan de la journée

La veille, les 2ème et 5ème Divisions Légères de Cavalerie (DLC) laissent passer la possibilité de perturber la progression allemande vers Sedan. Le 11 mai 1940, ce sont les 68ème Division d’Infanterie (DI) et 1ère Division Légère Mécanique (DLM) qui laissent passer une opportunité. En collant obstinément à leur mission de couverture, elles ne saisissent pas les conséquences que pourrait avoir le fait de freiner la progression de la 9. Panzer-Division dans sa course vers Moerdijk.

Plus inquiétant pour les plans alliés, l’effondrement de la résistance belge sur le canal Albert met en danger l’installation des unités françaises sur la trouée de Gembloux. Une percée allemande à cet endroit-là remettrait en cause la logique de front continu sur la Meuse et l’Escaut.